Description
En 2017, à l'aube de ses 50 ans de carrière, Julien Clerc sort son vingt-quatrième album "A nos amours". On y retrouve le sens mélodique de ce chanteur au vibrato signature, qui compose toutes ses musiques et sait trouver une grande diversité d'auteurs en dehors de son partenaire emblématique Etienne Roda-Gil, décédé en 2004. Ainsi, dans cet album réalisé par Calogero trouve-t-on aussi bien les mots de Carla Bruni, de Brigitte Fontaine, de la jeune pousse Vianney ou du vieux routard Didier Barbelivien, ainsi que des auteurs habitués de l'ombre des grands albums comme Pierre-Yves Lebert ou Marie Bastide. Dans Ma colère, c'est Maxime Le Forestier, pourtant connu pour afficher un flegme constant, qui raconte comment l'on bascule du calme à la tempête. Ici, il suffira non pas "d'une étincelle" comme le chantait Johnny, mais d'une "goutte d'eau" pour réveiller l'ire dormante, qui se recouchera aussi prestement qu'elle aura explosé. Cette colère, comme un écho à la première chanson qu'a sortie Julien, La Cavalerie, un certain mois de mai 1968...
Commentaires techniques
Voilà un morceau épique, entre une ritournelle aux jolies circonvolutions, des couplets à la mélodie grinçante autour d’une note portés par tous les hommes relayés par les sopranes, et des refrains plus intenses portés à l’octave par ténors et sopranes. La diction acérée des paroles à ce rythme enlevé est l’enjeu pour ces pupitres tandis que les alti apportent des couleurs harmoniques sur la ritournelle, et veillent à ne pas écraser la voix principale avec leurs scansions de notes qui mettent la mélodie statique en tension. Le pont est traité avec épaisseur en homo-quadriphonie pour suivre la conduite des accords. Enfin, le climax du dernier refrain est calmé par un court postlude en nappes intriquées a cappella, un peu de baume après la tempête, et un chant libérateur.