Un week-end dans l’atelier « Notes et pinceaux » de Ste-Pazanne

Guidés par l’émotion, comme des peintres devant leur toile, 250 choristes ont travaillé des succès de Polnareff et Calogero et un titre de Zaza Fournier, les 25 et 26 janvier à Sainte-Pazanne.

Ils sont impressionnants et même un peu impressionnistes à Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique). Tels des Gauguin ou des Courbet du rassemblement choral, les organisateurs ont su nous faire rêver en cultivant un joli parallèle entre chanson et peinture, le temps d’un week-end chantant, les 25 et 26 janvier. « L’écriture est la peinture de la voix » disait Voltaire. Comme tous les deux ans depuis 1984, l’équipe de Mélodie en Retz a carburé à plein, en tablier blanc, pour en faire voir de toutes les couleurs, au sens positif du terme, à 250 choristes ravis d’entrer dans l’atelier...

Chevalets, cadres, pinceaux, palettes et notes de musique, de la salle de répé jusqu’aux gobelets et aux sets de table de l’espace restauration, la déco imaginée par Martine était à elle seule un vrai travail d’artiste : « On travaille toujours très en amont d’un week-end chantant à l’autre » dit-elle. « Comme quand on prépare un voyage, les préparatifs ne sont pas une corvée ». Dans l’atelier « Notes et pinceaux », trois maîtres ont dirigé leurs élèves pour réaliser une grande fresque musicale : Stéphanie Stozicky et Geoffrey Bouthors, chefs de choeur, et Philippe Laroche, pianiste.

Un tube de Michel Polnareff, Dans la maison vide (harmonisation : Brice Baillon), a ouvert les hostilités, dans la version « mash-up » (mélange) de Jules, en 2018, qui intègre un succès de Bruno Mars, « Locket out of heaven », inspiré de Police. « C’est génial de mélanger les styles et de voir que ça se marie super bien » confie Stéphanie. Résultat : une œuvre puissante, où chacun est invité à mettre des couleurs musicales, avec un pinceau imaginaire peignant les lignes mélodiques, tantôt « en jetant les peintures sur la toile », tantôt avec « plus de couleur et moins de peinture ».

Sur le 2e titre, Prendre racine (Calogero, harmonisation : Geoffrey Bouthors), le début reste dans la douceur d’un ton pastel, avant d’aborder un paysage plutôt pop et rock. « Il faut ranger les pinceaux et prendre les baguettes du batteur » avertit Geoffrey sur le pont musical de ce titre bourré d’énergie. « Il y a à la fois une fragilité et une tension dans l’interprétation. »

Dirigé par Stéphanie, Mademoiselle (Zaza Fournier, harmonisation : Pierre Marescaux), le 3e titre, nous fait entrer dans l’univers d’une jeune artiste méconnue. Son portrait émouvant d’un travesti plonge dans le monde de Pigalle et de la nuit et rappelle le célèbre « Comme ils disent » d’Aznavour, cité dans l’harmonisation. Une magnifique découverte, incitant à s’intéresser à cette pépite de la chanson. Le samedi soir, Y’acapella, trio vocal féminin, accompagné d’un percussionniste, a déployé sa palette de talents sur des chansons françaises actuelles (Michèle Bernard, Gotainer, Jean Yanne, Yves Jamait...).

Dimanche, après les esquisses de la veille, il faut mettre la dernière touche, la lumière dans les yeux, lâcher les corps et libérer les voix. Le tableau final se met en place. Même pas peur de s’emmêler les pinceaux en exposant l’œuvre devant le public... Guidés par l’exigence bienveillante des chefs, on n’a pas vu passer le temps. La galerie referme ses portes et rouvrira dans deux ans.

Jean-François VAIZAND

 

 

 


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