« Tournez manège » de voix à Saint-Germain

Le Chœur Dédicace a organisé son 10ème week-end chantant les 25 et 26 février 2017 autour de l’auteur-compositeur-interprète Albin de la Simone. Vous vous souvenez très certainement de ce jeu télévisé culte des années 80’s : « Tournez manège ». Mais si, vous savez, ces célibataires qui venaient trouver l’amour…  Et il s’agissait effectivement d’amour ce week-end aussi bien dans le répertoire, dans la rencontre avec Albin et que dans ce chœur éphémère de 300 choristes…  Alors attention, ça tourne !​
 

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Pour la première partie, le jeu des chansons, reconnaîtrez-vous les 4 titres interprétés ce week-end ? Au Manège Royal de Saint-Germain-en-Laye, point d’Evelyne Leclercq, Fabienne Egal et Charly Oleg mais Julie Rousseau et Maud Galichet à la direction et Christophe Allègre, non pas à l’orgue mais au piano.
Petits indices : les trois premières chansons sont écrites et composées par Albin de la Simone et reflètent son univers  empreint de poésie quotidienne et, la dernière quatrième est signée par Jeanne Cherhal, une de ses pairs artistiques.
  1. « Ca balance » et il y a des « tam tam » qui pétillent avec cette chanson dirigée par Julie et harmonisée par Bastien Lucas. Il ne faudra pas plus de deux jours d’apprentissage pour que Julie réponde par l’affirmative aux hommes interprétant « Si ça tient tu m’épouses ».
  2. Le chœur devient orchestre avec des « doum-doum » contrebasses et des « clac » des doigts percussions sur ce titre emmené par Maud et harmonisé par Martin Le Ray. Voix d’accompagnement du soliste Albin, en version a capella, le mot d’ordre est clair : « Faut que vous preniez ça comme un texte, faut le faire vivre » et c’est ainsi que des « ou »  se font rock’n’roll.
  3. « Jouez-le ça, pour l’inscrire dans le corps et donc dans la mémoire », voilà la direction de Julie sur ce titre harmonisé par Rémy Galichet. Il faudra également « faire le cul moche » et « raconter une histoire » pour cette mélodie légère et se souvenir du conseil de Julie : « c’est pas grave si vous vous trompez, ça ne fait pas mal la musique ».
  4. Le « pe » le plus sexy du monde, « un crescendo de la mort » voilà ce qu’on entendra pour cette chanson harmonisée par Rémy Galichet et dirigée par Maud qui prévient « si là tu mets pas de corps, tu viens pas me chercher, il n’y a pas de voix ». Sopranes et alti devront se faire un film dans lequel joue Albin…la motivation est là et se finira par « quel plaisir sonore » !
Vous avez certainement reconnu Mes épaules, Tu vas rire, Le tire-fesses etJ'ai faim.


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Passons maintenant au jeu des célibataires et découvrons si une histoire d’amour va éclore de ces deux jours…

Présent dès l’ouverture de ce week-end polyphonique, Albin de la Simone est un artiste multi-facettes « pianiste bassiste arrangeur producteur, j’écris, je monte des spectacles, je fais des performances dans des musées… ». Après avoir chanté avec les 800 choristes du Grand choral en 2011 lors de l’édition des Nuits de Champagne consacré à Louis Chédid, il trouve que « là, c’est pas la même chose car c’est mes chansons, c’est beaucoup plus intime » et c’est la première fois qu’il participe à ce travail d’apprentissage : « être au milieu c’est vraiment génial, en plus la position d’être au centre du chœur et les entendre chanter, c’est comme au milieu d’un orchestre et c’est vraiment magique »
 
Son concert présenté le samedi soir, avec son album « L’un de nous » tout juste sorti la veille, est d’un minimalisme divin : seule la voix est sonorisée, les instruments arrivent aux oreilles sans filtres.  Et de cette rencontre sur scène, Albin dira : « C’est super de jouer devant un public dont on sait qu’ils sont en train de travailler mes chansons, ça crée un lien avec ce public qui est déjà intime et c’était à la hauteur de ce que j’imaginais… visiblement on était sur la même fréquence, c’est chouette. »

 

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Alors quand Albin termine en disant  «  c’est super et hyper agréable… ça me fait de l’effet...j’ai vraiment eu des frissons d’entendre toutes ces voix…merci, c’est vraiment, c’est absolument inédit et exceptionnel de vivre ça ». Et ce n’est pas que le résultat qui a séduit et touché Albin : c’est avec une forme d’admiration qu’il a découvert le travail du chef de chœur et tout l’apprentissage du chant choral :  « en fait ce que je réalise c’est le rôle du chef de chœur, la force c’est carrément comme un chef d’orchestre mais qui doit en plus apprendre la musique à son orchestre parce que y’a des gens qui chantent très très peu et je découvre la méthode en fait, y’a une vraie méthode. La manière dont ça a commencé hier de, hop un p’tit exercice puis en fait  d’un coup c’est un couplet, un demi-couplet, une phrase, un truc et puis ça s’assemble, et puis, bout par bout, ils arrivent à apprendre à des gens qui ne savent pas lire la musique. C’est très très très bien pensé comme méthode. Donc je regarde ça, je bois du petit lait ».


La production assurée par le Chœur Dédicace et ses 50 bénévoles a donc gagné ce beau pari de l’amour dans une ambiance feutrée à l’image de l’artiste. Benjamin, qui vient de vivre son tout premier week-end chantant, conclue ces deux jours tel Julien Lepers : « Génial ! Magnifique expérience, je dis partage, je dis émotions, je dis musique, je dis : merci. Je repars vidé de belles énergies et remplis de plein d’autres belles énergies, je repars recyclé, je repars plein de vitalité, plein de forme, plein de musique dans la tête et plein de bons moments partagés ce week-end avec les amis et les gens que je ne connaissais pas ! »
 
Rachel Brzustowski